Decryptage

Nos experts décryptent : le rapport de la Mission Lévy-Tuot

Le rapport de la mission Lévy-Tuot sur l’optimisation des soutiens aux énergies renouvelables électriques et au stockage confirme ce que la filière affirme depuis longtemps : les cadres administratif et réglementaire nationaux pèsent sur la compétitivité des installations et renchérissent le coût de production de l’électricité… et le niveau du soutien public. Dans ce contexte, une simplification des cadres de régulation apparaît comme un puissant levier d’optimisation budgétaire car force est de constater aujourd’hui que les coûts de développement sont nettement plus élevés en France que chez nos voisins.

Second éclairage longtemps mis en avant par la filière : les énergies renouvelables électriques sont compétitives. Elles contribuent à la baisse des prix de l’électricité en France, au bénéfice direct des consommateurs et de la compétitivité de l’économie nationale. Ainsi que le souligne France renouvelables, « ce constat met toutefois en lumière un paradoxe structurant : ces prix bas envoient un signal économique insuffisant pour soutenir les investissements de long terme, notamment via les contrats d’achat direct d’électricité (PPA), pourtant essentiels au financement des projets. »

Troisième diagnostic : développer les flexibilités et le stockage par batterie constitue un enjeu central pour la stabilité des prix de l’électricité. Etonnamment, le gouvernement n’a malheureusement pas souhaité intégrer des objectifs de stockage dans la PPE3. Si celle-ci rappelle à juste titre que la transition du système électrique nécessitera le développement d’un « bouquet de flexibilités » décarbonées (stockage, effacement, interconnexions, thermique décarboné, etc.) pour faire mieux corréler consommations et productions, et alors même que le stockage par batteries (BESS) constitue l’une des alternatives les plus immédiatement mobilisables pour réduire l’usage des moyens fossiles de pointe, son traitement demeure marginal et peu prescrit. Il apparaît dans la logique d’un « bouquet de flexibilités » sans trajectoire volumétrique, ni cadre de déploiement lisible à la hauteur des enjeux. L’erreur doit être réparée…

Enfin, le rapport insiste sur la nécessité de disposer d’un cadre facilitant les décisions d’investissement et à encourager les contrats d’achat direct d’électricité (PPA, Power Purchase Agreements), en proposant la mise en place d’un dispositif assurantiel piloté par l’État, pour sécuriser producteurs et acheteurs.

Nous reviendrons dans le détail sur certaines des recommandations dans une prochaine lettre-info, en particulier celle, à rejeter, consistant à modifier le calcul du prix « M0 » en adoptant, toutes filières confondues, une référence nationale sur 24 heures, moyennée sur le mois, en éliminant les prix négatifs.